La consommation d'une pompe à chaleur air/air, c'est la question qu'on nous pose avant même le prix. Et notre réponse déçoit parfois : elle dépend moins de l'étiquette du fabricant que de votre logement et de la façon dont vous vous en servez. Voici comment on l'estime réellement, à la visite, avant de poser quoi que ce soit.
Pourquoi deux voisins n'ont pas la même facture
Un radiateur électrique transforme 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur, point. Une PAC air/air fait mieux : elle en restitue 3 à 4 pour 1 consommé, parce qu'elle déplace des calories au lieu de les fabriquer. Mais ce rapport n'est pas gravé dans le marbre.
Sur nos chantiers, on voit deux maisons identiques afficher des factures du simple au double. Ce qui les sépare :
- le niveau d'isolation (le facteur numéro un, de loin) ;
- la surface réellement chauffée ou climatisée ;
- la température de consigne réglée au quotidien ;
- l'usage : chaud seul, froid seul, ou les deux ;
- le dimensionnement de l'appareil par rapport à la pièce.
La méthode qu'on utilise pour estimer les kWh
On ne se contente jamais d'un chiffre "au doigt mouillé". La formule de base est simple :
Consommation électrique (kWh) = besoins de chauffage du logement (kWh) ÷ SCOP
Le SCOP est le rendement moyen sur toute la saison de chauffe — bien plus honnête que le COP mesuré en labo. Pour une PAC air/air récente en Île-de-France ou en Normandie, on retient un SCOP entre 3,5 et 4,5.
Restent les besoins de chauffage, qu'on estime à partir de la surface et de l'état thermique du bâti :
| Surface | Logement bien isolé | Logement peu isolé |
|---|---|---|
| 50 m² | 400 – 800 kWh élec./an | 1 100 – 1 800 kWh élec./an |
| 80 m² | 700 – 1 300 kWh élec./an | 1 800 – 2 800 kWh élec./an |
| 100 m² | 900 – 1 600 kWh élec./an | 2 200 – 3 500 kWh élec./an |
| 120 m² | 1 100 – 2 000 kWh élec./an | 2 700 – 4 200 kWh élec./an |
Exemple concret : un appartement de 80 m² correctement isolé, avec un SCOP de 3,8, consomme autour de 1 450 kWh/an pour le chauffage. Au tarif 2026 d'environ 0,20 €/kWh, cela fait à peu près 290 € sur l'année — là où un chauffage électrique direct aurait coûté près de 1 375 € pour le même confort.
L'été compte aussi : la consommation en mode froid
Une PAC air/air est réversible : l'été, elle climatise. Son efficacité en froid (l'EER) tourne entre 3 et 4,5 sur les modèles récents. En Île-de-France, avec des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, on observe :
- usage modéré (4 h/jour, 2 mois) : 100 à 250 kWh sur l'été ;
- usage soutenu (8 h/jour, 3 mois) : 300 à 600 kWh sur l'été.
À ajouter à la consommation d'hiver, donc, mais cela reste marginal face au poste chauffage.
Face aux radiateurs électriques : l'écart qu'on constate
Les clients qui remplacent des convecteurs sont ceux qui voient la plus grosse différence. Pour un 80 m² en région parisienne, voici l'ordre de grandeur qu'on relève :
| Système | Consommation annuelle | Coût annuel estimé |
|---|---|---|
| Radiateurs électriques | 5 000 – 7 000 kWh | 1 000 € – 1 400 € |
| PAC air/air (SCOP 3,5) | 1 400 – 2 000 kWh | 280 € – 400 € |
Tarifs indicatifs 2026, hors abonnement. On divise la facture de chauffage par 2,5 à 3. Pour aller plus loin sur cet arbitrage, on détaille tout dans notre comparatif pompe à chaleur ou chauffage électrique.
Les réglages qui allègent vraiment la note
Ce qu'on répète à chaque mise en service :
- Baissez d'un degré. Chaque degré de consigne en moins, c'est environ 7 % de conso en moins. 20 °C au lieu de 22 °C, et l'économie est nette.
- Programmez les plages horaires. Réduire la nuit et en absence fait gagner 15 à 20 % sur la saison.
- Ne coupez pas tout pour une courte absence. Relancer une pièce froide coûte plus cher que la maintenir en température réduite.
- Nettoyez les filtres. Encrassés, ils étranglent le débit d'air et font travailler la PAC pour rien — un nettoyage tous les 1 à 2 mois en pleine saison.
- Isolez d'abord. Sur un logement mal isolé, aucun réglage ne rattrapera les déperditions. C'est parfois ce qu'on conseille avant même de poser.
Le dimensionnement joue aussi : une PAC trop juste tourne en continu sans jamais atteindre la consigne, une trop puissante multiplie les cycles courts. On le cale à la visite, d'après la surface et l'isolation réelles, pas d'après un ratio théorique. Pour une estimation chiffrée sur votre logement, demandez votre devis : c'est le seul moyen d'avoir des chiffres fiables plutôt qu'une moyenne de catalogue.
Pour aller plus loin
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