Remplacer ses radiateurs électriques par une pompe à chaleur est l'un des projets les plus rentables qu'on chiffre, et pour cause : les maisons chauffées aux convecteurs à effet Joule affichent presque toujours les factures les plus lourdes. On en équipe régulièrement en Île-de-France et dans les départements limitrophes (27, 28, 45, 60, 76). Voici, du point de vue de ceux qui déposent les grille-pain et posent la PAC, par où commencer et à quoi s'attendre.
Pourquoi vos convecteurs plombent la facture
Un radiateur électrique transforme 1 kWh d'électricité en 1 kWh de chaleur. On parle de rendement « de 100 % », mais c'est trompeur : il n'y a aucun gain possible. Une pompe à chaleur, elle, ne brûle rien : elle capte les calories de l'air extérieur et les restitue à l'intérieur. Avec un COP de 3 à 4,5, elle produit 3 à 4,5 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé. À tarif identique, la facture de chauffage est divisée par 3 à 4.
Sur nos relevés, une maison de 100 m² peu isolée chauffée aux convecteurs consomme 12 000 à 18 000 kWh par an rien qu'en chauffage. Au tarif 2026 (environ 0,20 €/kWh), cela fait 2 400 € à 3 600 € par an. Avec une PAC dont le COP moyen tourne autour de 3,5, cette même facture descend vers 690 € à 1 030 €.
Ce qu'on regarde en premier à la visite
Avant de parler matériel, nos techniciens évaluent deux choses : l'enveloppe du logement et les émetteurs en place.
Une PAC ne rattrape pas une passoire. Dans un logement qui fuit, elle tourne à pleine puissance et son rendement s'effondre. Quand l'isolation est déficiente, on conseille de reprendre les combles avant de dimensionner l'équipement : c'est ce qui réduit la puissance nécessaire, donc le prix de la PAC.
Second point, décisif dans une maison tout-électrique : il n'y a en général aucun circuit d'eau de chauffage. Pas de tuyaux, pas de radiateurs à eau. C'est ce constat qui oriente vers l'une ou l'autre des deux solutions.
Air/air ou air/eau : le vrai choix
| Critère | PAC air/air | PAC air/eau |
|---|---|---|
| Circuit d'eau requis | Non | Oui (à créer) |
| Eau chaude sanitaire | Non | Oui (avec ballon) |
| Rafraîchit l'été | Oui | En option |
| MaPrimeRénov' | Non éligible | Éligible |
| Coût posé | 5 000 à 12 000 € | 10 000 à 18 000 € |
| Ampleur du chantier | Légère | Plus lourde |
Si la priorité est de faire baisser la facture vite et sans gros travaux, la pompe à chaleur air/air est souvent la meilleure porte d'entrée. Elle diffuse la chaleur par des unités intérieures (splits), sans aucun circuit d'eau, et se pose en 1 à 2 jours. Ses limites, qu'on annonce toujours : elle ne produit pas d'eau chaude sanitaire, et elle n'ouvre pas droit à MaPrimeRénov' (seulement à la prime CEE). En revanche, elle rafraîchit l'été — un vrai plus sur les étés franciliens.
Pour un remplacement complet du chauffage avec eau chaude et aides maximales, la pompe à chaleur air/eau s'impose. Elle demande de créer un circuit hydraulique (radiateurs à eau ou plancher chauffant) et de poser un ballon. Chantier plus conséquent (2 à 5 jours), mais elle donne accès à MaPrimeRénov' et à la prime CEE, soit plusieurs milliers d'euros selon vos revenus. Notre page dédiée au remplacement des radiateurs électriques détaille les configurations possibles.
L'ordre des travaux qu'on recommande
- Visite technique ou audit — on évalue le logement, on calcule la puissance et on tranche entre air/air et air/eau.
- Isolation si nécessaire — combles, murs ou plancher, en priorisant les postes les plus déficitaires.
- Dimensionnement de la PAC — d'après les déperditions réelles, pas un ratio au m².
- Pose et raccordements — unité extérieure, unités intérieures ou module hydraulique, ligne électrique dédiée, mise en service.
- Dépose des anciens convecteurs — dans le cas d'une air/eau avec nouveaux émetteurs.
Inverser cet ordre, c'est risquer de surdimensionner la PAC pour compenser une isolation qu'on aurait dû traiter d'abord.
Les aides selon la solution retenue
Un passage à une PAC air/eau ouvre droit aux aides pour pompe à chaleur classiques :
- MaPrimeRénov' : 2 000 à 5 000 € selon votre profil de revenus, pour une air/eau en résidence principale.
- Prime CEE : cumulable, généralement 500 à 2 000 € de plus.
- TVA à 5,5 % : sur la fourniture et la pose, logement de plus de 2 ans.
- Éco-PTZ : jusqu'à 50 000 € à taux zéro pour financer le reste à charge.
Pour une PAC air/air, seules la TVA réduite, la prime CEE et l'éco-PTZ s'appliquent : MaPrimeRénov' ne la couvre pas.
Ce que ça donne, chiffres à l'appui
Sur un cas type de pavillon de 120 m² aux convecteurs, consommant 15 000 kWh/an en chauffage :
- Facture actuelle : environ 3 000 €/an
- Après une PAC air/eau (COP 3,5) : environ 860 €/an
- Économie annuelle : ~2 140 €
- PAC air/eau posée : 13 000 € avant aides
- Reste à charge après MaPrimeRénov' + CEE (revenus intermédiaires) : ~8 000 à 9 500 €
- Retour sur investissement : 3 à 4 ans
Ces chiffres varient selon l'isolation, le tarif d'électricité et le COP réel.
Quelle que soit la solution, le recours à un installateur certifié RGE reste obligatoire pour toucher les aides. Vous voulez savoir ce que donnerait le remplacement de vos radiateurs électriques chez vous ? Demandez votre devis : la visite technique tranche le type de PAC et le coût posé.
Pour aller plus loin
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